Gérard Dreyfus quitte RFI

Oserais-je en ce dernier samedi de l’année 2007, être impudique ! Vous parler avec un peu d’émotion dans la voix. Après trente-neuf années passées à Radio France Internationale – quand j’y suis entré, ce n’était ni son nom, ni une radio au sens où on l’entend aujourd’hui, elle n’avait que quelques rendez-vous limités dans la journée – après trente-neuf années, j’ai choisi de faire valoir mes droits à la retraite. Encore qu’un homme passionné par son métier ne décroche jamais tout à fait.

 

J’ai vécu l’immense privilège de parcourir le monde, Europe, Amérique et surtout Afrique. J’ai eu le grand bonheur de couvrir sept Coupes du monde de football, six Jeux Olympiques, quatorze Coupes d’Afrique des Nations et de multiples événements à peine moins prestigieux. Faire de sa passion son métier est ce qu’un individu peut rêver de mieux. Et j’ai toujours aimé le sport. Faute d’avoir eu moi-même les qualités pour un jour porter les couleurs de mon pays dans les stades, j‘ai choisi de suivre les meilleurs, de les approcher, de vous les raconter, d’en faire, pour quelques uns d’entre eux, des amis. Je n’ai jamais eu le sentiment de travailler tant j’avais de joie à vivre dans ce milieu.

 

J’ai parlé, j’ai écrit, j’ai présenté des émissions dans le seul but de mettre en relief, de valoriser le sport et tous ses acteurs. Témoin des bouleversements intervenus dans ce m!onde au cours des vingt-cinq années qui ont clos le XXe siècle, je me suis efforcé de vous les faire comprendre, de les analyser, de les décortiquer sans emphase et sans complaisance, de vous expliquer pourquoi et comment le sport était devenu un phénomène de société auquel personne n’a pu échapper.

 

Depuis douze ans, chaque samedi, je me suis appliqué à accompagner les faits les plus marquants, parfois anodins mais ayant une valeur symbolique. J’ai parfois exalté les anonymes ; j’ai parfois vitupéré ceux qui se prenaient pour des champions. J’ai dénoncé les abus, la montée en hyper puissance de l’argent parfois dévastateur. J’ai condamné les tricheurs ayant recours à la médecine la plus sophistiquée pour mieux dominer ceux qui étaient déterminés à respecter l’esprit sportif.

 

Moralisateur ? Non, homme de bon sens convaincu que le sport de haut niveau est un facteur d’enthousiasme, de ravissement, de bonheur partagé, un vecteur de rapprochement et de rassemblement au-delà de toutes les différences. Phénomène de société, mais peut-être également, un art de vivre. Je voudrais, en vous quittant, remercier tous ceux qui n’ont cessé de me témoigner leur adhésion, leur amitié et une fidélité inaltérable. A toutes et à tous je vous dis et au revoir et merci

 

 

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